mardi 24 octobre 2017    


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Klaus : Interview croisée des maires de Heugas et Carcarès-Sainte-Croix

 

Appareil photo

Consultez le diaporama des dégâts sur Carcarès-Sainte-Croix après le passage de Klaus...

Klaus Quatre mois après la tempête Klaus qui a ravagé les Landes le 24 janvier dernier, nous vous proposons une « commune du mois » un peu exceptionnelle, avec un retour d’expérience sur la façon dont a été vécu et géré cet aléa climatique. Vous y trouverez les témoignages de deux maires de communes touchées : Carcarès-Sainte-Croix et Heugas, un éclairage sur le rôle joué par l’Association des Maires et enfin le point de vue de l’Association des communes forestières, qui évoque l’avenir de la forêt landaise...

Dans cette interview croisée, deux maires du département, Philippe Dubourg (Carcarès-Sainte-Croix) et Jean-Louis Ducamp (Heugas), reviennent sur cet épisode difficile pour leur commune, évoquent les difficultés rencontrées, et tirent des leçons de leur expérience...


Quelles difficultés avez-vous rencontrées juste après le passage de la tempête, le samedi 24 janvier ?

Philippe Dubourg Philippe Dubourg, maire de Carcarès-Sainte-Croix : Nous avons été coupés du monde pendant deux jours. Toutes les routes ont été bloquées jusqu’au samedi soir. Les bénévoles ont permis de déblayer toutes les maisons. Le dimanche midi, pratiquement tous les chemins d’accès, toutes les routes étaient dégagés, même si les bas-côtés étaient dans un piteux état. Notre commune fait 11 km de long. Elle est longue, mais pas large, entre le Midouze et la 4 voies. De chaque côté de la 4 voies, c’est comme s’il y avait eu un bombardement. Là où il ne reste plus que quelques arbres, on va être obligé de tout abattre.


Savoir +T A consulter également :

- Le point de vue de l’Association des communes forestière landaises, représentée par Pierre Darmanté.
- Le témoignage de Guy Gaujacq pour l' Association des Maires des Landes.


Jean-Louis Ducamp

Jean-Louis Ducamp, maire de Heugas : La première difficulté a été d’arriver jusqu’à la mairie, déjà. J’ai pris deux routes différentes et deux fois j’ai été stoppé, parce que je n’avais pas de tronçonneuse dans la voiture. J’ai donc fini par y aller à pied. A la mairie, le téléphone fonctionnait. A 8h05, j’avais déjà deux ou trois appels, d’une dame notamment qui me disait qu’elle n’avait pas d’électricité, ce qui était - compte tenu des circonstances - assez étonnant… Elle croyait peut-être que j’en avais ! Je l’ai rassurée tout de suite, en lui disant que je n’en avais pas non plus !

Le samedi, je suis parti avec les cantonniers pour dégager les routes à coup de tronçonneuse et pousser les bois. Des gens s’étaient mis à dégager les routes, à côté de chez eux pour commencer, puis intervenaient spontanément, sans demander où il fallait aller. Ils suivaient la route, et quand c’était tombé, ils tronçonnaient. Ce n’était pas la première tempête, en 1999, avec les adjoints et les cantonniers, on était déjà partis sur les routes pour les dégager. On connait les quelques points assez cruciaux. Cette fois-ci, on a eu de grosses chutes d’acacias. Le dimanche matin, on a ouvert la mairie et plein de gens sont venus. Je crois qu’on n’a jamais eu autant de monde qu’à ce moment-là... On est resté ouvert jusqu’au samedi d’après ! On fermait vers 17h-17h30, quant il faisait trop noir pour y voir, car on n’avait toujours pas l’électricité.

La cellule de crise de la Préfecture vous a-t-elle servi ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg

On nous a dit d’appeler cette cellule, mais le lundi 26 janvier, elle a fermé à 11h15 et à 16h parce que c’était le renouvellement des équipes, donc on ne pouvait plus avoir personne. Concernant les groupes électrogènes, on m’a dit le lundi que le problème avait été résolu. Une entreprise de Saint-Vincent-de-Paul m’a en effet appelé pour me proposer un groupe électrogène, mais à la vente ! On n’a rien eu pour nous aider. Ca a été la course pour les maires aux numéros de téléphone, car on n’avait même pas les bons !

Des militaires sont venus le vendredi 30 janvier parce que je me suis énervé un peu. Ce jour là, on a pu tout déblayer, mais jusqu’au mercredi-jeudi, ça avait été le vide complet. Le vide de tous les services. La civilisation était absente.

Sur place, on a fait ce qu’on a pu. La tension chez les gens montait peu à peu. Surtout que le Président de la République avait signalé que ce serait terminé en fin de semaine, alors les gens n’ont pas compris. Ce sont ceux qui n’avaient pas les lignes enterrées qui ont cumulé les handicaps.


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp

Dans mon idée, je voulais qu’on me donne un groupe électrogène pour mettre en sécurité la salle de sport, où les gens auraient pu trouver un abri et se doucher. J’ai fait une demande de groupe électrogène à la Préfecture. On m’a dit qu’on faisait remonter l’information… Jusqu’à ce jour, elle n’est jamais redescendue. Il n’y avait pas beaucoup de suite dans ce qu’on demandait. On s’est débrouillé tous seuls, et si on avait besoin de rien, on était de suite servis, voilà. Ensuite, on a eu quelques réunions le mercredi, avec le sous-Préfet. La saison touristique allait bientôt commencer, donc tout ça il fallait que ça soit effacé pour pouvoir accueillir des gens. On nous l’a bien fait comprendre.

Comment vous-êtes-vous organisés sans courant électrique ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg

Dès le dimanche, on a fait la tournée des congélateurs pour les mettre en tension. On a eu l’aide de Tartas, où ils entreposaient les congélateurs au marché couvert. Dans la commune, il y avait deux ou trois endroits aussi où se trouvaient des groupes électrogènes personnels assez importants. Grâce au 1er RPIMa de Castelsarrasin, on a pu tout déblayer le vendredi, ce qui a permis à ERDF de remettre les lignes en état dès le dimanche, puisqu’il n’y avait plus de blocage sous les lignes. D’ailleurs, ils ont reconnu que sans le gros-œuvre effectué sur le terrain par les bénévoles, les militaires et les pompiers, puis la DDE de Charente-Maritime, on n'aurait pas pu avoir l'électricité le dimanche soir.


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp

Un quartier qui compte quatre ou cinq maisons a eu de l’électricité dès le dimanche soir. Ils se sont proposés spontanément pour prendre quelques congélateurs. Le maire de Tercis-les-Bains nous a invités à entreposer des congélateurs dans sa salle des fêtes. Donc on a organisé des convois de congélateurs bien pleins et bien pesants. Quelques personnes avaient des groupes électrogènes. On en a utilisé un pour le mettre le samedi matin au magasin multi-services, point important pour se ravitailler.

Comment s'est passé le retour de l’électricité ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg Au niveau des services publics, on n'a vu ERDF que le mercredi. Des équipes sont venues de tous les départements. Elles venaient voir, mais elles n’avaient pas de plan de réseau, donc je leur ai donné un plan que j’avais récupéré. A Dax, c’était la panique. Il y avait 2 ou 3000 agents, qui faisaient la queue le matin et le soir, qui repartaient, sans que personne ne leur dise ce qu’il fallait faire. Il y a eu du temps de perdu incroyable. On a fini par avoir le courant, le fameux « jus », dans la commune le lundi suivant, soit 11 jours après...


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp

On avait un correspondant EDF, mais il ne savait jamais rien. Cela faisait 8 jours qu’il avait été nommé. On a vu les premières personnes d’ERDF le mercredi. Il n’y en avait pas du secteur, pas un qui connaissait les postes et les lignes, donc évidemment, ce n’était pas facile. C’est pour ça que c’est une catastrophe de fermer les centres de proximité de Dax et compagnie ... S’il nous arrivait encore la même chose, personne ne saurait où sont les lignes ! Heureusement, j’avais un adjoint qui était électricien qui connaissait les postes. J’insiste sur la proximité. Si on veut qu’à l’avenir ça aille mieux, il ne faut surtout pas supprimer la proximité, alors qu’on est en train de le faire. Je parle essentiellement d’ERDF, parce que pour les télécoms, c’est trop tard. La Communauté d'Agglomération du Grand Dax nous a beaucoup aidés. Les services de la DDE ont dégagé des routes pour retrouver des lignes surtout, parce que tout était haché. Ils m'ont prêté un groupe électrogène. Ils me l’ont amené et on a pu le brancher à la mairie. Les derniers habitants ont récupéré l’électricité le samedi soir, 8 jours après... et non 5, comme imprudemment annoncé par notre Président de la République.

Avez-vous eu des problèmes avec le téléphone ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg Le mercredi, le téléphone filaire ne marchait plus. Tartas ne l’ayant également plus, j’ai dû aller dans une autre commune pour trouver un téléphone portable. Peu à peu, on a fait les choses, les unes après les autres. En ayant l’impression d’agir, on a évité de se sentir complètement abandonnés.


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp Il a fallu au moins 15 jours pour que le téléphone revienne. Et des agents des télécoms, je n’en ai pas vu un sur le terrain avant je ne sais combien de temps. Après, ils ont cherché les poteaux. On a eu beaucoup de mal à faire rétablir la ligne, parce que pour eux, quand ils intervenaient, ils pensaient que ça marchait, sans avoir vérifié. On a vu par ailleurs les limites de la téléphonie mobile. Il n’y avait plus rien qui marchait. Peut-être moins que les « fixes ».

Avez-vous pu compter sur des services ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg Non, rien, pendant deux jours rien...


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp De l’aide on n’en a pas vu beaucoup. On a vu passer quelqu’un de la Croix Rouge qui faisait le point sur nos moyens. On a dit qu’on avait un téléphone, point. Après, de l’électricité on n’en avait pas. On n’avait pas de groupe. On avait deux luminiums sur le comptoir de la mairie pour nous éclairer. C’était déjà mieux que rien. Je pensais qu’on allait voir la gendarmerie faire des liaisons avec la Préfecture ou la Sous-Préfecture. J’ai appris depuis qu’ils étaient plutôt de vigilance pour voir s’il n’y avait pas des gens qui profitaient de la situation pour cambrioler. C’est aussi leur boulot, je ne critique pas, c’est une constatation. Parmi les services les plus efficaces, je citerais le SYDEC, le syndicat d'électrification, et les moins efficaces, EDF, parce qu'il n'y avait personne de terrain, mais ce n'est pas de leur faute.

Quelle image gardez-vous en tête ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg

L’absence de bruit, ce silence de mort. Tout cassé autour. Une blancheur un peu terrible. Tout était écrasé. A deux ou trois endroits, il y avait trois mètres de nature enchevêtrée, les arbres entassés les uns sur les autres. Mes adjoints, mes conseillers municipaux ont téléphoné tous les soirs pour savoir ce qu’il y avait à faire. Après, on retrouve peu à peu les signes et les repères de la civilisation. Les équipes qui viennent. Comme elles venaient sans plan, sans rien, on discutait autour de la table. On les avait récupérées sur le terrain et invitées à déjeûner. Pendant six jours, grâce aux cuisinières de la commune qui sont venues d’elles-mêmes pour préparer les repas, on a fait entre 20 et 60 repas quotidiennement, aux frais de la municipalité.


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp

On a souffert. On ne savait pas grand-chose puisque la Préfecture communiquait avec nous par mail.. Mais on n’avait pas l’électricité ! Les moyens de communication ont été décevants. C’était en dessous de tout !

La tempête a-t-elle créé au sein de votre commune une solidarité qui n'existait pas jusque-là ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg

Pour les personnes des lotissements, des nouveaux, ça a été un moyen de les connaître et de les intégrer. Mais est-ce que ça va durer ? On ne change pas les relations comme ça entre les gens. Et puis, dans les coups durs, dans le milieu rural, on est toujours prêts à faire face et à se soutenir. En tout, au moins 50 personnes, soit le dixième de la commune, ont travaillé bénévolement. Certaines familles m’ont dit « bof, faut s’habituer, on sait que c’est ». En 1999, il y a eu au moins 15 jours de privation d’électricité, alors que là, il n’y en a eu que 10, mais les gens se sont plus manifestés. Il est vrai que mentalement, ils ont été touchés, traumatisés. Les anciens surtout, mais aussi certains jeunes du coin. C’est quand même notre paysage qui est à terre. La réunion publique a permis de parler entre nous. On fait des cauchemars, on en rêve. Dans une autre commune, un ancien qui était sourd, n’avait pas entendu qu’il y avait cette tempête qui arrivait. Le samedi matin, quand il est sorti, il n’est pas tombé raide mort là, mais trois jours après, il a eu une crise cardiaque. Cette forêt artificielle, cultivée par les hommes, n’a pas tenu. On a l’impression que plus rien ne peut tenir face aux tempêtes.


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp Des gens se sont proposés spontanément, par exemple pour déménager des congélateurs. Certains ont prêté des chauffages d’appoint, ou fait des courses pour d’autres. Inévitablement, cela a créé des liens. Les gens se sont davantage vus. Notamment le soir. Il n’y avait pas de télé. C’était vraiment le système D. La solidarité, ça va un peu, mais ça dure trois jours, et après, les gens commencent à se lasser.

Quelles sont aujourd'hui les séquelles sur la commune ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg Les poteaux en bois des fils électriques qui devaient être temporaires y sont toujours. Le téléphone, c’est pire. Les poteaux ont été remis, mais à certains endroits, les fils trainent par terre sur 200 ou 300 mètres. Et puis la forêt, on n’a rien vu venir pour déblayer. Nous disposons de 105 hectares sur 850 sur l’ensemble de la commune. Entre 70 et 80% des forêts sont à terre. Les conseils viennent de tous les côtés mais très peu d’actions ont vraiment débuté.


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp Nous avons eu des dégâts dans les forêts communales et chez les gens. Je reconnais qu’on a moins été touchés que certains coins. On a moins de pins sur la commune, donc il y a moins de casse. Les chênes, dans l’ensemble, ont mieux résisté. 32 chênes de la forêt communale sont tombés, sur 16 hectares. Les peupliers ont été plus durement éprouvés. On s’en sort plutôt bien matériellement, mais inévitablement, il y a des rancoeurs.

Y’a-t-il encore des endroits non sécurisés ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg Des arbres situés sur des terrains privés près des routes menacent de tomber. Il faut intervenir chez les privés pour le faire, mais je n’ai que deux employés communaux, dont l’un est blessé.


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp Bien sûr, il y a encore des arbres qui penchent dangereusement. Au premier coup de vent, ils vont partir. Il y en a qui sont partis depuis. Il y en aura encore. Fatalement, ça va arriver.

Quel est l’impact financier de la tempête pour votre municipalité ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg

On est une petite commune forestière. Contrairement à d'autres, où 30% du budget vient de la forêt, nous, ce n’est même pas 10%. L’année dernière, on a vendu pour 43 000 euros de bois. On vend également du bois quand on a besoin de faire un investissement, comme par exemple pour améliorer la salle des fêtes. Mais avec les pertes liées à la tempête, on ne pourra plus en vendre pendant 20 ou 30 ans. Il faut donc que l’on rentre un maximum d’argent maintenant. Nous avons envoyé des dossiers au Conseil Général, à la Préfecture, à l’Association des Maires de Landes, pour dire qu’on avait 100 000 euros de frais constatés. Ils nous ont demandé de faire faire une évaluation par la DDE, qui l'a estimée à 50 000 euros ! Tous ces frais, on ne sait pas qui va payer...


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp On a prévu une enveloppe pour les réparations, parce qu’on a eu des dégâts. On fera ce qu’on pourra, et le reste, on le laissera. On a eu des choses à réparer, des tuiles envolées et des plafonds détrempés. On avait une pile d'arbres, des arbres anciens, qui sont tombés, énormes. Des charmes, des chênes. Il y en avait je ne sais pas combien. Il ne reste que les souches. Toutes ces souches, il va falloir les enlever. Il y a des travaux importants à prévoir. Je ne sais pas comment ça va se passer. J’imagine que les assurances ne vont pas rembourser tous nos dégâts... On essaie de faire les budgets sans prendre en compte les coupes de bois à vendre dans l'année, comme ça, c’est du bonus. On a toujours fait comme ça jusqu’à maintenant. On ne fera donc pas d’investissements pendant plusieurs années...

Pensez-vous pouvoir bénéficier d'aides ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg J’attends de l’Etat. Puisque l’Etat nous a demandé de présenter nos dépenses, ça veut dire qu’on va être aidés ? On a également envoyé un dossier à notre assurance. Heureusement pour nous, autant la forêt est touchée, autant les bâtiments sont intacts, sauf nos deux églises. On a fait faire un devis par des entreprises spécialisées. Un expert est venu. Mais deux mois et demi après, on n’a pas eu de nouvelles, on ne sait pas du tout comment on va être remboursé.


Maire de Heugas, Jean-Louis Ducamp Personne n’est venu encore nous voir, mais j’ai bon espoir. Peut-être qu’il y a des aides, mais nous on ne l’a pas su. Quant aux prêts bonifiés, il faut les rendre. C’est plus dangereux qu’autre chose. Parce qu’ils sont moins chers, donc on a tendance à prendre, mais après, il faut les rembourser…

Qu’allez-vous faire de votre bois ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg

Pour le moment, l'ONF nous dit de ne pas abattre les volis, ces arbres brisés encore debout. Mais ça ne sert à rien de garder ces quelques spécimens. Au dessus de 50%, il faut abattre, et à Carcarès, on est au moins à 70% !

Le GPBS (Groupement des Producteurs des Bois du Sud), qui doit tout coordonner pour garder un bon prix pour l’achat des bois n’a pas encore obtenu les aides de l’Etat. Donc ça reste en suspens. Si l’Etat ne prend pas en charge davantage d’aides directes, tout ça va rester à terre. Voyant ça, le conseil municipal a décidé de soumettre à l’ONF le tiers de la forêt communale, soit 30 hectares, pour être sûr d’avoir un minimum pour assurer notre budget. On est sûr de signer un contrat, à une moyenne de 9 euros la tonne. On bénéficie d’une aide de déblaiement et de replantation de 2750 euros par hectares. On n’a pas tout confié à l’ONF, car on veut garder notre marge de manœuvre. Normalement, au bout de cinq ans, on est obligé de replanter, selon la loi. Mais ces forêts ne sont pas assurables, ça coûterait trop cher, donc elles n’ont pas de statut public. Pourtant, on nous oblige quand même à les replanter. Mais si on n’a pas d’aide publique, alors, pourquoi est-ce qu’on serait obligé par la loi de le faire ?

Quels seront les problèmes si les forêts sont laissées telles quelles ?

Maire de Carcarès-Sainte-Croix, Philippe Dubourg

Il y a un problème écologique. Il va y avoir des risques d’incendies cet été. Pour les maires, c’est un sacré problème ! Il y a des bestioles, des scolytes qui peuvent arriver. Il faudrait arroser avec des produits. Et puis au niveau cynégétique, il va y avoir une recrudescence des sangliers et du gibier. Or il y a de moins en moins de chasseurs...

Et si on ne remet pas des pins, qu’est-ce qu’on va mettre ? Notre terre est propice à la pousse des acacias. Ils poussent vite, donc ils vont tomber aussi. Il faut occuper l’espace. Et si on n’entretient pas cette forêt, ça va être des fourrés, où les sangliers vont se mettre. Nous avons été contactés par quelqu’un qui voudrait faire une ferme solaire, avec des panneaux photovoltaïques. Mais comme il veut de grandes surfaces, pour faire une expérience, je ne sais pas...

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